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Afrique

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Il est communément admis de dire que le Régime de Vichy est la page la plus sombre de notre histoire mais cela est sans compter sur la complicité de la France dans le "dernier génocide du siècle". Le lourd travail de désinformation et le négationisme opérés par les dirigeants politiques à l'époque, n'ont pas suffit à étouffer totalement, le plus grand scandale de notre cinquième république. Heuresement, des gens comme Jean Paul Gouteux n'hésite pas à faire éclater la vérité meme si elle choque au point de ne pouvoir s'y résoudre.

Ce livre de 600 pages est une mine d'informations concrètes concernant le role de la France dans l'extermination d'environ un million  de Tutsis en 1994 au Rwanda. Jean Paul Gouteux nous renseigne de manière trés précise sur les divers soutiens et cautions apportés par la France à cette purification ethnique massive, declenchée par une machine administrative infernale. L'attentat du 4 Avril 1994 contre le président Habyarimana a précipité l'extermination des Tutsis, jugés solidairement et indéfiniment responsables, aprés avoir déjà subit plusieurs purifications ethniques depuis les années 60, sur la base de thèses ethnistes formulées par les puissances mandataires occidentales comme la Belgique et la France. 

Immediatement aprés le susdit attentat, le gouvernement intérimaire génocidaire était reconnu exclusivement par Paris puis recu à l'Elysée pendant que des milliers de Tusis se faisaient massacrés chaque jour. L'administration rwandaise avait déjà mis en place depuis quelques années une propagande anti-tutsis par le biais de la radio des mille collines, qui s'est littéralement déchainée aprés la mort du président revendiqué hutu Habyarimana. Le génocide tel qu'on le connait aujourd'hui ne prendrait que quatre mois grace à l'instrumentalisation de la population hutu, dans le but d' exterminer les tutsis jusqu'au dernier. 

Les millions de machettes livrées et mises entre les mains de la population hutu devaient faire croire à un conflit purement ethnique sans aucune participation de l'Etat. La vérité est que plusieurs Etats ont participé à ce massacre. Pour la France il s'agissait de contenir l'avancée du Front Patriotique Rwandais ougandais dirigé par Paul Kagamé (actuel président du Rwanda), afin de limiter l'influence anglophone dans la région. C'est pourquoi la France a entrainé la garde présidentielle de Habyarimana qui commettra de nombreux linchages, a livré de nombreux tutsis à une mort certaine, a participé à des tueries abominables, a aidé militairement le gouvernement génocidaire pour stopper l'avancée du FPR, quitte à voir se faire massacrer un million de personnes... 

Mais le must, c'est la mise en place de l'opération "humanitaire" turquoise censée stopper le génocide des tutsis et qui s'est pourtant soldée par l'escorte des hutus génocidaires, fuyant l'avancée du FPR sur Kigali, en République Démocratique du Congo. On a effectivement pu voir ces images où les militaires francais ont été accueillis en héros par la population rwandaise, que l'on décrivait à l'époque comme étant les tutsis rescapés, mais en réalité ces images representaient les génocidaires arrivant en RDC pour bénéficier du statut de réfugiés, allant ainsi à l'encontre totale de la Convention de Genève qui ne reconnait pas le statut de réfugiés à des personnes convaincues de crimes contre l'humanité. 

Jean Paul Gouteux cite sans complexe le nom d'hommes politiques pour décrire leur role dans cette tragédie invraisemblable. C'est notamment le cas de Francois Mitterand véritable fer de lance de la complicité francaise à travers ces différents réseaux personnels, Alain Juppé Ministre des Affaires étrangères de l'époque ou Hubert Védrine conseillé de l'Elysée. Tous ont été à leur manière les grands artisans du négationisme. 

Ce livre est profondément troublant voire ecoeurant tant il démontre les réalités du monde politique et les moyens mis en oeuvre pour developper le facteur de puissance et d'influence. Cet épisode de notre histoire ne doit pas etre ignoré car nous devons etre les premiers à reconnaitre les déboires de notre histoire, avant de pouvoir juger les méfaits des autres nations. Cet exigence de vérité, qui emerge de plus en plus, est indispensable comme devoir de mémoire aux millions de rwandais morts pour le seul crime d'etre né.

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Le président soudanais Al-Bachir a finalement accepté la constitution d’une force armée  hybride associant les forces onusiennes aux forces de l’Union Africaine. Si cette collaboration n’est pas inédite elle demeure néanmoins exceptionnelle et récente. Elle se situe dans une politique de responsabilisation de l’Afrique face à ses conflits se déroulant en son sein, et elle permet également de répartir les fautes éventuelles de ce qui pourrait être considéré comme étant un surcroit d’ingérence de la part des pays occidentaux s’ils agissaient seuls. 
 
    Cette notion de répartition des fautes est essentielle pour comprendre l’inconstance des puissances occidentales à intervenir en Afrique lors de conflits importants. En effet, plusieurs pays occidentaux gardent en tête les résidus d’interventions fâcheuses ayant entamé leur crédibilité au niveau international. C’est notamment le cas des Etats- Unis fortement marqués par leur déroute à Mogadiscio en 1993, qui les a incités à se tenir éloigné de ce continent spécialement lors du génocide rwandais l’année suivante. Cela constitue t-il une raison suffisante pour laisser mourir plus d’un million de personnes ? Evidemment que non, surtout lorsque l’on possède une base militaire à Djibouti non loin du Rwanda.
 
    Pourtant lorsque leurs intérêts premiers sont menacés, la sclérose américaine se transforme en une mouvance déterminée, comme cela fut le cas pour une nouvelle intervention en Somalie il y a quelques mois. Ce pays est très surveillé depuis le 11 septembre 2001 car il constituait et constitue toujours,  un foyer sensible du fait qu’il abrite de nombreux terroristes et c’est dans cette circonstance que les américains ont longtemps soupçonnés Oussama Ben Laden de s’y cacher. Ainsi, tant que la Somalie vivait au rythme absolu des gangs et des tsotsis avec une absence totale d’Etat aussi bien au niveau administratif que constitutionnel, les Etats-Unis se gardaient bien d’intervenir, surtout depuis Black down hawk. Mais lorsque des dissidents islamiques fondamentalistes étaient sur le point de contrôler le pays il y a quelques mois, les Etats-Unis rappliquent  précipitamment au nom de la lutte contre le terrorisme, du contrôle et de la stabilisation de la région et surtout afin de pérenniser leur débouché sur le Golfe d’Aden véritable pont de sortie de la mer rouge.
 
    Nous sommes donc tentés de nous dire que les Etats-Unis n’interviennent que quand cela vaut vraiment le coup, et l’échelle qu’ils utilisent pour déclencher ou on une intervention n’est pas le nombre de morts ou les menaces qui pèsent sur les populations mais le facteur risque pour mener à bien leur politique. Pour autant, il ne faut pas les fustiger car ils ne sont pas les seuls à ne pas se préoccuper véritablement de la catastrophe qui sévit au Darfour, en l’occurrence. Pour preuve la France ne se foule pas non plus, surement du fait qu’elle s’est également embourbée en Afrique, d’abord au Rwanda avec une complicité de génocide avérée, puis surtout en Cote d’Ivoire du fait de son soutien à un camp puis à un autre, avec notamment une prise de partie pour une thèse ethniste à savoir le concept d’ivoirité. Cette tactique malhabile a vu la France s’attirer la foudre de la Cote d’Ivoire toute entière et a entamé fortement sa crédibilité au niveau de sa capacité à déployer et à gérer une intervention militaire.
 
    Certains considèrent que les Etats-Unis et la France ont fais ce qu’ils ont pu pour mettre fin au conflit soudanais, d’autres diront que cela ne les concernent pas. Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses car elle vise à déresponsabiliser les grandes puissances qui ne sont pas étrangères à ce conflit. Bernard Kouchner a effectivement réussi à faire pression sur le Président soudanais Al Bachir pour mettre en place la susdite force armée hybride et un corridor humanitaire. Mais cela n’arrive t-il pas un peu tard ? Les centaines de milliers de morts sont derrière nous. Ces dispositions ont le don d’agacer les ONG sur place, qui font état d’une situation ne nécessitant plus vraiment de mesures d’urgence. Il serait fortement déplacé de dire que ces dispositions sont inutiles, car la force armée hybride pourrait au moins avoir le mérite de dissuader certaines milices à commettre des exactions dans le futur. Mais quand de telles mesures arrivent après le chaos on ne peut que soupirer.
 
    Que dire du rôle de la Chine dans cette tragédie ? Tout simplement qu’il est essentiel. En effet, la Chine possède un nombre conséquent de concessions pétrolières et exploite 60 % des ressources pétrolières du sud du pays, et rien, pas même la mort de centaines de milliers de civils, ne devait ralentir la cadence des livraisons de pétrole pour un pays devenu deuxième consommateur au monde, derrière les Etats-Unis. Récemment les Nations Unies ont dénoncé le plan « nourriture contre pétrole » pendant la période où l’Irak subissait un embargo, contourné de fait, mais un plan « armes contre pétrole » semble entrer dans les mœurs. Cette implication de la Chine a eu de terribles conséquences, principalement l’armement de milices, dont les Janjawids, pour massacrer des masses. Ces diverses importations venues de Chine  s’élevant à des millions de dollars, tombent sous le coup d’une violation de l’embargo sur les armes étendu à toutes les parties en conflit en 2005. Cela est d’autant plus scandaleux que le Soudan a été beaucoup plus montré du doigt à cause des dites importations que la Chine de part ses exportations assassines.
 
    Bush est très souvent monté au créneau pour dénoncer les agissements du président Al-Bachir, mais à aucun moment il n’a dénoncé ceux de la Chine mue par ses intérêts pétroliers. Il est incontestable que le président soudanais est le premier responsable dans ce conflit, mais il est réducteur de résumer l’ampleur du conflit à ses seuls agissements, tant la situation présentait un entremêlement d’intérêts vitaux.
 
    Le conflit au Darfour a fait place à une campagne de désinformation importante, comme souvent en Afrique, puisqu’il a été présenté comme étant une guerre tribale entre « arabes » contre « africains ». Cela est bien sur plus facile à présenter en réduisant les africains au sens large à des êtres sanguinaires, que de dénoncer une mauvaise répartition des richesses et une non participation au pouvoir et à la vie du pays, d’une grande partie de la population. Le conflit au Darfour n’est rien d’autre qu’une guerre de sécession d’un territoire laissé pour compte auquel on a promis un développement et une décentralisation du pouvoir qui ne viendra jamais. Mais lorsque cela se couple avec des intérêts chinois et américains dans la région cela prend une ampleur gigantesque.
 
    Le Darfour a donc vécu et vit toujours dans une moindre mesure, au rythme de l’exploitation de ses sols par une Chine résolument anti-Droits de l’Homme, de la surveillance d’une force armée hybride arrivé un peu tard, et de l’aide des ONG, seules entités à avoir été sur place dés les prémisses du conflit. 
Tout le continent africain a porté une oreille attentive et inquiète au sommet du G8 qui devait enteriner la décision de Tony Blair faite au précédent sommet, celle de doubler l'aide aux pays africains d'ici 2010 et d'élargir leur accés aux marchés mondiaux. 

Si la cloture du sommet du G8 a bien vu emerger une promesse d'aide de 50 milliards de dollars par an (deux fois l'aide de 2004) d'ici à 2010, cette mesure s'apparente plus à calmer les ardeurs d'un continent ravagé et à donner l'impression que les consciences elitistes se reveillent enfin. Au delà de l'achat des consciences, cette décision amène à s'interroger à des phénomènes sousjacents véritables maux de l'Afrique.

Pourquoi est ce que l'Aide Internationale est-elle la seule mesure martelée depuis des années par  les grandes puissances et autres organismes internationaux ? Pourquoi semble-t-il toujours indispensable d'infantiliser ce continent plutot que de lui donner les moyens de son autonomie ? Parce que les africains en sont incapables et qu'on doit sans cesse leur rappeller leurs devoirs? Ce  n'est vraiment pas sérieux et foncièrement racistes meme si des pseudos spécialistes (Stephen Smith pour le meilleur d'entre eux) se revendiquent de cette pensée basique et simpliste. Cela arrangent beaucoup de gens de penser cela, toujours pour des histoires de conscience ou tout simplement de légitimation facilitée d'une ingérence destrutrice au sein du berceau de l'humanité. 

La vérité se trouve bien evidemment ailleurs, et les solutions ou du moins les possibles améliorations, à des kilomètres des décisions du G8. L'Aide Internationale de la manière dont elle est envisagée, c'est à dire distribution d'argent  pour pallier à des manques, alimentation de circuits frauduleux ou financement de projets peu étudiés, ne fait qu'enfoncer ce continent dans la déroute et la tourmente. "La main de celui qui recoit est toujours en dessous de celui qui donne".  Cette Aide Internationale qui apparait comme un don empreint d'une immense générosité pour un continent dont on a pitié, permet aux puissances néocoloniales d'entretenir un lien de dépendance et de subordination sur des pays "indépendants" pour la plupart depuis le début des années 60. Bien sur ce postulat n'est pas autosuffisant et se voit relayé par des réseaux en sous mains dont le meilleur exemple est le réseau françafricain sponsorisant des chefs d'Etats africains comme Mobutu, Omar Bongo, Idriss Déby ou des gouvernements génocidaires. 

Alors que faut-il faire ? Bien sur il faut aider ce continent mais plutot que de pallier continuellement à ses manques divers et variés, il faut les éradiquer en permettant aux africains de se débrouiller tous seul car ils en sont capables et font  preuve d'une imagination débordatne pour s'en sortir avec le peu de moyens qu'ils ont. Le système D est une expression africaine! Alors, la meilleure chose est de rendre l'Afrique aux africains, cela se traduit concrétement par des campagnes de renationalisations massives, renationalisations car le FMI et la Banque Mondiale n'ont eu comme meilleures idées que de privatiser des secteurs vitaux comme l'eau, la ditribution de céréales etc. De plus, il faut rendre l'intégralité des ressources à ce continent immensément riche qui détient 30% des matières premières de la planète. Est-ce normal que ce soit la compagnie générale des eaux qui gérent l'eau de bons nombres de pays africains  avec en prime une augmentation des prix proportionelle à l'augmentation du nombre de morts assoifés ?!. Doit-on trouver cela normal et raisonnable que les concessions petrolières ou autres, faites aux grandes puissances se fassent de manière strictement inégalitaires, faisant que les pays africains ne touchent qu'une infime partie des ressources de leurs terres, de leur pays ?! 

L'Afrique aurait largement de quoi vivre si on le lui permettait mais lui rendre son moyen de subsistance c'est lui laisser fixer les prix, donner conger au néo-colonialisme, lui permettre d'entrer dans le monde de la concurrence, lui céder des parts de marchés, lui donner une voix pour les décisions importantes au sein des Institutions. Tout autant de choses que les grandes puissances ne peuvent laisser se produire, alors que survit depuis plusieurs siècles maintenant, le maintien de la dependance comme controle d'un continent avec un potentiel inimaginable. Le G8 participe à cette politique en vulgarisant le problème de l'Afrique à un problème financier pouvant combler tous les manques et toutes les injustices. Si le G8 a promis d'élargir l'accés aux marchés mondiaux à l'Afrique rien n'a été fait pour interdire définitivement les subventions et diverses aides à la production visant à étouffer les secteurs où l'Afrique pourrait etre compétitive. De meme, le problème de la dette n'est pas réglé alors qu'elle a été remboursée quatre fois mais perpetuellement remise sur la table par la négociation de nouveaux interets, plus hauts bien evidemment. 

Par conséquent, plutot que d'infantiliser l'Afrique en meme temps qu'on essaye de se donner bonne conscience ou de promettre des choses en totale contradiction avec la réalité, le G8  ferait bien d'envisager le problème sous le bon angle (si toutefois il le veut), car les manifestations anti G8, se réclamant d'un capitalisme morale et d'une véritbale justice internationale, ne feront que croitre et faire retentir l'écho d'un monde devant reposer sur des valeurs humaines et reconsidérées. 

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Une sublime autobiographie d'un homme de conviction ne pouvant inspirer que le respect tant il a vécu pour la liberté de son peuple, baffouée par le régime d'apartheid.  Nelson Mandela nous plonge au coeur de sa vie et une grande partie de son livre nous présente l'évolution de sa pensée politique et son ascension au sein de l'ANC, le parti politique qui a fait fléchir un régime d'oppression trop comtemporain. Une vie de sacrifice pour un combat politique qui a mené à une "république métissée " libre et égalitaire, symbolisée par le drapeau sud africain. 

Un essai de tolérance et d'humanité !!

"Etre libre, ce n'est pas seulement se débarasser de ses chaines ; c'est vivre d'une facon qui respecte et renforce la liberté des autres"  Nelson Mandela
 
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